9 juillet 2017

Dans cette seule et unique courbe, inquiète et dentelée, avec de rares douces sinuosités, complètement neurasthénique et brisée à sa fin, on lit la ligne de vie de mon père, son pas chancelant et sa chute, son râle : cardiogramme frénétique, écriture de son cœur.

(Danilo Kiš, « Pages d’un album de velours », Chagrins précoces pour les enfants et pour les raffinés)

 

***

 

Ainsi que le rythme de mon cœur trace mes journées, je peux prendre le crayon ou le clavier et prendre part à leur rédaction. Ce faisant, je dessine des contours, je fais de mon cardiogramme frénétique un cardiogramme balloune, comme dans les lettres de mon adolescence échangées sous les pupitres, lettres remplies d’amours fantasmées et d’incertitudes.

Mon stylo mauve – cadeau de ma tutrice – suspend sa course : aujourd’hui encore, j’ai ces doux rêves et doutes. Mais je sais désormais comment leur donner chair dans l’espace devant moi.

 

 

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