22 aout 2017

C’est là, dans l’étreinte de la forêt vierge, qu’il souhaitait vivre à jamais. Il avait atteint l’endroit où toute sa réalité encore non vécue l’attendait.

« Ça ne me fait pas peur »

(Hella S. Haasse, Les seigneurs du thé)

 

***

 

Toute mon épaule gauche a peur. Elle se retient à un poteau de téléphone, ne voyant pas que dans l’étreinte de la forêt vierge, il y aura des troncs auxquels s’agripper, sur lesquels même se propulser pour avancer plus vite lorsqu’elle en aura envie. Mais aussi, surtout, pour se ralentir et prendre le temps de jouer, de tisser un jeu de ficelle qui lui servira de hamac, d’abribus, de bibliothèque.

Toute mon épaule gauche, c’est l’étui de mon cœur. Et s’il bat, ce cœur, c’est pour attraper toute sa réalité encore non vécue, et l’enserrer d’un lasso. Mais il n’y arrivera pas s’il souhaite vivre à jamais. Il restera plutôt, dans une épaule dans une forêt, une image qui reviendra même si les années passent.

 

(Extrait sur la photo d’un poème de Claudia Hernandez de Valle-Arizpe paru dans Exit no 83, trad. Ana Cristina Zuniga.)

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