11 février 2018

çay, suyun efsunlanmış halidir

(Serviette de table du salon de thé Dem, İstanbul)

Thé : état de l’eau ensorcelée.

(traduction libre et sans doute pas tout à fait exacte)

***

Je me sens comme le thé en cette ville : ensorcelée. Je peux bouger et aller où je veux, mais on dirait que mes mouvements ne m’appartiennent pas, car trop routiniers pour ce qu’ils devraient être, trop colorés comme une fête de tous les jours. On me demandait récemment : Comment fais-tu pour que ce soit si facile pour toi? J’ai alors touché à quelque chose de refoulé – un reflux gastrique, et s’il y a refoulement c’est qu’il y a serrement.

Je n’ai pourtant pas l’impression de me mentir à moi-même. Le corps encaisse* et jubile, le corps ne fait pas que délier des noeuds mais il les déplace ailleurs, en amont s’il le faut. Le corps-sablier de thé reçoit et donne : c’est là la toute simple magie du présent.

* Titre d’un recueil de Roger Desroches

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