20 février 2018

On dit toujours qu’il faut être enraciné quelque part, je suis convaincue que les seuls êtres qui aient des racines, les arbres, préféreraient ne pas en avoir. Ils pourraient alors prendre l’avion, eux aussi

(Barbara Cassin, Nostalgie)

 

***

 

Comme tout.e humain.e sur cette terre, je ne sais pas jusqu’où vont mes racines. Je les imagine traverser la planète d’un côté à l’autre, en passant par la chaleur du magma et le froid des océans. Surtout, je les vois prendre au passage quelques poissons dans leurs mailles, dans leurs nœuds qui les lient à d’autres humain.e.s. Mes racines sont des bras qui dégagent, enserrent, libèrent.

Partout où je vais, j’ai le visage de celle qui est d’ici. J’ai le visage de celle qui a oublié, le nom de celle à qui on a transmis quelque chose qui s’est perdu – Aimée, Emi, Emine. Et comme mes racines sont larges et lâches, je prends l’avion pour aller le chercher.

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