15 juin 2017

Alors Marc dut fermer les yeux. Car il sentit que le visage éblouissant et soudain du bonheur est la seule chose qu’un homme digne du nom d’homme ne peut affronter sans faiblesse, les yeux ouverts.

(Alain Grandbois, « Ils étaient deux commandos », Avant le chaos)

 

***

 

Je me demande si les choses pourraient être autrement, si je peux tout effacer et recommencer parce que la réponse qu’on a donnée à ma question ne me plait pas.

Oui, mais non.

Les choses pourraient bien sûr être différentes, mais elles ne le sont pas. Il n’y a rien à faire (« accepter » n’est même pas une action)… et en même temps tout à faire. Parce que je joue un rôle, même si je ne peux pas comprendre tout à fait lequel. Et qu’ainsi je peux participer à une vague de surprises qui me frappe autant moi que d’autres à qui je ne pensais même pas être liée.

Je garde les yeux ouverts.

 

12 juin 2017

Alors Marc dut fermer les yeux. Car il sentit que le visage éblouissant et soudain du bonheur est la seule chose qu’un homme digne du nom d’homme ne peut affronter sans faiblesse, les yeux ouverts.

(Alain Grandbois, « Ils étaient deux commandos », Avant le chaos)

 

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Hier j’écrivais le bonheur soudain de la prise de conscience que je suis là. Aujourd’hui le soleil porte le visage d’un brulot géant – sa piqure est diffuse sur la peau parfumée. J’ose à peine le regarder tellement je peine à croire à sa présence; mais quand enfin je prends ma brassée à deux mains et sors l’étendre devant lui, je vois qu’il est une autre version du bonheur : pas celle de l’épiphanie qu’on cherche à prolonger, mais celle de la constance de la vie à travers ses évènements.

Éblouie, je ne saurais dire si mon bras est garni de piqures ou des perles d’un bracelet.