9 décembre 2017

Le voyage est de la famille.

(Anonyme, poème trouvé rue Mouffetard, Paris)

 

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Je suis à nouveau ces anciens itinéraires semés de pierres du XVe siècle, de la couleur jaune trainée de cumin aux yeux et de morceaux de paix, écharpes colorées qui claquent au vent – autant dans les rues bondées menant au Grand Bazar, Kapalı çarşı, que dans la mosquée Süleymaniye aux arabesques tenant tous ses vides ensemble.

La première fois, je suis passée dans ce ciel comme un avion de Turkish Airlines dans lequel joue toujours la même chanson; cette fois, je traverse İstanbul de mes propres ailes, mouette qui accepte qu’elle ne peut pas siffler, mais qu’elle peut toujours planer sur la musique des autres.

17 juillet 2017

Le voyage est de la famille.

(Anonyme, poème trouvé par terre rue Mouffetard, Paris)

 

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Le voyage est un déjà-vu ambulant, une série de signes qui ne me pointent rien d’autre sinon que je suis au bon endroit, bien qu’il y ait tant de bons endroits possibles. Revenir sur mes pas même si ce n’est pas le bon café, y trouver sur le menu les deux choses dont j’avais envie (jus de sureau et baklava), y entendre quatre chansons que j’ai écoutées en boucle cette année en voulant être là-bas. Maintenant, là-bas est ici; le choc est sucré et sirupeux.

Le voyage est une grande famille dont je fais partie. Une famille de sons, une famille de sens. À mon tour, de ma voix grumeleuse et involontaire, je peux façonner quelques poèmes pour rappeler aux passants qu’ils sont ici, dans leur propre rêve.