31 juillet 2017

I like the in-betweens
I like the time it takes
to get somewhere

(@bioluminess, tumblr)

 

***

 

Les cloches du matin m’indiquent que je ne suis pas seule à me lever si tôt. Je prends leur tintement comme un baume à l’eau de rose, un appel à ne pas m’oublier, à ne pas oublier que je vais quelque part.

***

Je suis déjà quelque part : dans un entre-deux. Dès que je passe les contrôles de sécurité, je me transforme, je redeviens celle que je suis quand je suis seule (avec vous). Je me trouve déjà à destination sans le savoir : je me trouve. Et j’aimerais que ça ne s’arrête jamais, qu’arriver, comme voyager, ne devienne plus possible qu’à l’imperfectif.

24 juillet 2017

I like the in-betweens
I like the time it takes
to get somewhere

(@bioluminess, tumblr)

 

(Trad.:

J’aime les entre-deux
j’aime le temps que ça prend
pour arriver quelque part)

 

***

 

Pour arriver quelque part, vraiment arriver, ça prend du temps. C’est mon quatrième séjour à Sarajevo, et bien que chacun d’entre eux ait été plus long que le précédent, je ne me sens pas encore complètement arrivée. Bien sûr, comme toujours mon cœur a été le plus rapide. Il a tout de suite donné la mesure : il fallait me rendre, encore et encore, dans cet espace qui me tiendrait lieu de nouvel entre-deux après le Japon. Entre deux (ou trois) langues, entre deux moi, entre deux vies, même.

Et si je ne prends pas le temps d’aimer les interstices, les roses ciel de balcon, les verts thé du matin et les rouges écharpe mongole, si je n’apprécie pas leurs couleurs en prisme au soleil, je n’arriverai pas, je n’arriverai jamais nulle part au fond de moi.

23 juin 2017

I like the in-betweens
I like the time it takes
to get somewhere

(@bioluminess, tumblr)

 

(Trad.:

J’aime les entre-deux
j’aime le temps que ça prend
pour arriver quelque part)

 

***

 

Je me trouve en ce moment entre deux domiciles, entre deux emplois, entre deux réalités extérieures, mais aussi intérieures : les apprentissages ne sont-ils pas tous des entre-deux, perpétuels en plus? Vaut mieux les apprécier, dans ce cas.

Je ne vois peut-être pas que mon train avance, mais il le fait subrepticement, à travers les battements de mon cœur et de mes membres, et il me mène du silence buté à la parole dosée, du perfectionnisme au progressisme, de la culpabilité à la responsabilité.

Comme lors de tout voyage, j’ai hâte d’arriver pour me poser. Mais pas trop, quand même.