30 mars 2018

quand on quitte les endroits que l’on aime
il faut laisser quelque chose derrière soi
pour avoir une raison d’y retourner

(Catherine Côté, Outardes)

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Parfois aussi il faut laisser derrière soi / une raison d’y retourner. Et avancer en boitillant, un rêve de construction fissuré et un brin enflé autour de la cheville. C’est là un autre coeur qui bat sur ma jambe droite – celui-là même vers lequel se dirige chaque jour ma jambe gauche, tatouée vers / quelque part / et ton coeur?

J’ai peut-être glissé, oui, bu böyle, c’est comme ça; mais glisser vers le bas c’est aussi avancer. En un an et demi, je suis passée de 136 800 battements par jour à 96 480. Mon corps se détend tranquillement dans ce nouvel endroit qu’il aime, une articulation à la fois. Et il sait que le soleil, il sait qu’il a laissé quelque chose devant lui.

12 aout 2017

quand on quitte les endroits que l’on aime
il faut laisser quelque chose derrière soi
pour avoir une raison d’y retourner

(Catherine Côté, Outardes)

 

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J’ai beaucoup laissé à Sarajevo et à İstanbul. Des objets, des projets, des personnes aussi. Je suis revenue au Québec comme une outre vide, les bras un peu ballants dans des villes dépeuplées, un nœud au ventre qui m’a empêchée de respirer pendant deux jours entiers. Je remplace peu à peu les sueurs des nuits par une couette lourde de sommeil, les arpentages des rues par une plongée au fond de moi, les trous de soleil dans ma peau par une pluie fraiche qui cloue au sol lorsque c’est nécessaire.

Je ne bouge pas : je rêve. Comme j’ai passé l’année à le faire, mais cette fois avec tant de raisons concrète d’y retourner… dans mon rêve éveillé.