19 juillet 2017

à chacun de mes sourires
quelque chose de l’ordre de l’univers
achoppe et crève

(Chloé Savoie-Bernard, « Dans l’after du Salon du livre », Françoise Stéréo)

 

***

 

Chaque matin se ressemble, mais la journée me réserve toujours une histoire que je ne connais pas. La façade s’effrite, Fasada se obrušava, parfois pour vrai, et je ne sais pas avant d’en avoir des morceaux dans mon assiette ce que le plâtre et le béton me cachaient.

Je me demande ce qui des murs bâtis achoppe et crève quand je choisis de regarder le matin en face, avec le sourire de celle qui sait que oui, toutes sortes de choses peuvent tomber du ciel, des douces comme des râpeuses, mais qu’au final elles formeront des constellations à nos pieds, dans la pelouse.

14 juillet 2017

à chacun de mes sourires
quelque chose de l’ordre de l’univers
achoppe et crève

(Chloé Savoie-Bernard, « Dans l’after du Salon du livre », Françoise Stéréo)

 

***

 

Hier soir, en mangeant ma crème glacée de chez Egipat tout habillée pour un concert qui n’avait finalement pas lieu – l’erreur est humaine, humainement belle -, j’ai croisé le danseur éternel dans la rue Ferhadija. J’ai déposé dans sa boite la monnaie de ma crème glacée, et il s’est remis à danser frénétiquement, sur un rythme que lui seul connait sous ses écouteurs coiffés de drôles d’antennes.

Puis il s’est arrêté et on s’est souri. Longtemps, une vingtaine de secondes. Comme on ne se permet de faire qu’avec ses amoureux.ses et ami.e.s, et encore…

De mes yeux mouillés, quelque chose de l’univers a achoppé et crevé. Quelque chose de gros comme une peur.