2 mars 2018

chance donnée à la matière qui rêve.

(Roger Des Roches, Faire crier les nuages)

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La matière qui constitue mon corps rêve. Et ses marches noctambules sont encore peuplées de mains et de bras, surtout de bras – ceux qui en mesurant la distance la comblent forcément, se rapprochent jusqu’à se rentrer dedans… La piqûre du bout des ongles sonne, réveillant la douleur et la douceur qui somnolaient ensemble sous le tremblement nécessaire et quotidien, cuillère inconsolable.

Il y a des jours où une chance m’est donnée de descendre sous mes paupière, d’y percer de nouveaux trous pour y faire entrer le soleil, la couleur, les taches du léopard vivant féroce. Il serait temps que je voie que mes yeux aussi sont multicolores.

18 février 2018

tu as parlé de mystère,
de magie
ou de vacances au centre de ton cœur.
Me donnais-tu le droit de respirer trop vite ?

(Roger Des Roches, Le verbe cœur)

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Une petite vacance vient de s’ouvrir au centre de mon cœur. C’est un espace où la peur n’a pas de pogne, où İstanbul n’a pour toute couleur que le bleu éternel, bleu doré au soleil, aux reflets œil-de-goéland. Mon regard ne tient qu’à un fil – un rayon? -, mais je m’ouvre à cet espace comme à un avenir aux bras longs.

Certaines journées coulent, liqueur versée exprès pour ces verres qu’on fait disparaitre avant même qu’ils soient vides. Ainsi la nuit n’est pas encore finie qu’à nouveau le jour se lève. Je n’ai le temps pour rien… et cela me convient parfaitement.

17 novembre 2017

tu as parlé de mystère,
de magie
ou de vacances au centre de ton cœur.
Me donnais-tu le droit de respirer trop vite ?

(Roger Des Rochers, Le verbe cœur)

 

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Je m’accorde moi-même le droit de respirer trop vite et de ne pas prendre le temps de siffler au passage. Je n’ai pas besoin qu’on me le donne; je suis maitresse de mes propres pancartes et des mots qui les ornent, même si on me dit qu’il n’existent pas : oui, coeur est un verbe s’il le veut.

Mon coeur ne siffle plus, la magie de la vie est passée à travers moi alors que j’étais étendue dans le sens de la voie ferrée, connectée aux pylônes. Quand je parle de mystère, quand je l’étoffe de ma vibration, je sais que son silence ne signifie pas qu’il ne passe pas.

4 octobre 2017

tu as parlé de mystère,
de magie
ou de vacances au centre de ton cœur.
Me donnais-tu le droit de respirer trop vite ?

(Roger Des Roches, Le verbe cœur)

 

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Je prends des vacances au centre de mes vacances, au centre de mon cœur. Il y a là un espace qui se remplit des idées des autres, de celles qui résonnent comme le thé noir sur le palais, comme un écho gourmand dans une caverne. Je me nourris de ces décisions prises par tout le corps, même par les corps qui m’entourent, quand je me donne le droit de respirer trop vite.

La respiration, ce courant alternatif (brzopolako) qui active la machine à mystères. La respiration, cet élan félin de ce qui veut vivre en dedans : la magie des lires lancées en l’air et qui retombent toujours dans nos pattes.