10 avril 2018

Tes envies d’ailleurs, mes rêves d’ici.

(@sarajevo_vignettes)

***

Je suis coincée dans une to-do list sans fin, engagée dans un anneau vide, prise par le fond de culotte dans un train qui devrait faire rire mais qui ne fait que renverser. Je décoche les notifications une fois vues et les messages une fois répondus, et j’avance ainsi dans le fouillis, sans dégager d’espace pour mon propre vide, pour les idées du monde qui viennent mieux quand mon mental lâche un peu le gaz sur son mode next.

Ainsi je me prends encore à avoir envie d’ailleurs, alors qu’il est tellement plus doux de rêver d’ici. Parce que je choisis chaque jour d’être ici, et que je crois au rêve en tant que décorateur de vide – je continue au pif, et ma liste s’arrangera.

27 février 2018

Demain n’a pas tenu ses promesses. C’est toujours la ville qui décide.

(@sarajevo_vignettes, Instagram)

***

C’est toujours la ville qui décide, peu importe mes souhaits déposés un par un dans le compartiment du jour qui leur est attribué. Au lieu de pilules, parfois elle m’offre cinq types de fromages et même un café turc sur la terrasse, nouveau type de flirt. C’est la ville qui décide parce que tu n’as pas été capable de décider, aveuglé par ses promesses.

Ce n’est pas un reproche que je te fais. Chacun.e va où iel se sent le mieux*, et tu es allé demain, exactement comme j’ai choisi de le faire il y a un peu plus d’un mois. Au final, à qui remettre mon coeur de soie, cet écrin battant pour doigts modèles? À moi-même… à İstanbul.

* Reformulation féminisée d’une citation de Miljenko Jergović utilisée ici.