29 septembre 2017

Drink your tea.

(Thich Nhat Hahn)

 

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Les dizaines d’heures passent comme les semaines : le moteur saute parfois, les pneus sentent le brulé, mais on prend un lacet après l’autre, et on finit par arriver à une ville qui nous reconnait avec nos gueules affamées de ćevapi, assoiffées de thé turc et de pas qui coulent sur les dalles.

Ne pas penser que cette soirée ne se reproduira pas. Ne pas penser qu’il ne faut pas penser. À partir de demain, les réponses se retrouveront dans les livres, à nouveau. À partir de demain, juste bois ton thé. Non, à partir de ce soir. Comme d’habitude.

11 aout 2017

Drink your tea.

(Thich Nhat Hahn)

 

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On m’a souvent répété, quand je me décourageais du fait de n’être jamais laissée tranquille par les nœuds de la vie, que les choses étaient ainsi faites, que le vent s’accrocherait toujours dans mes cheveux fraichement coiffés, que le blanc de mes ongles prendrait la teinte des framboises fraiches, que dans la musique du matin se profilerait le son de petites pattes non désirées.

Au milieu des ondes de stress qui exsudent des gens, des murs, des appareils, je bois mon thé. Les nœuds se délient sur ma langue, et les choses se délitent jusqu’à tomber dans mon fort intérieur. Elles peuvent alors s’y reposer un instant, le temps que le thé les imprègne de son gout de miel.